Thème ou Tempo ?
une musique d'enfer !
Woodkid – The Golden Age
Categories: Albums, Pop
Note de la rédaction
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iron

On le découvrait en  mars 2011 avec un clip réalisé par ses soins, pour le morceau Iron, ce jeune français de 28 ans, Yoann Lemoine de son vrai nom, qui semblait posséder un certain génie pour l’image, la vidéo et la musique.

woodkidL’artiste, d’abord réalisateur notamment de clips (Katy Perry, Taylor Swift, Lana Del Rey…) plongeait alors dans la création musicale sous le nom de Woodkid.

Le moins qu’on put dire à l’époque était qu’il n’y entrait pas par la petite porte avec cette vidéo bluffante de puissance, et qui sentait bon la fumée, la peau de bête, et la bave de berger belge… Sur une orchestration symphonique cuivrée et guerrière, ce morceau hyper-graphique et ultra intelligent, s’est rapidement répandu comme une tâche d’encre vers d’autres usages (sur le jeu vidéo Assassin’s Creed, chez Dior ou remixé sur une publicité pour Peugeot).

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Il aura fallu attendre deux ans après la sortie de Iron pour voir naître l’album du lyonnais, une symphonie nommée The Golden Age qui commence par nous dire que le « Golden Age » en question est fini…

À la manière d’un film, on sait dès les premières notes que cet album n’est pas qu’une succession de morceaux, dès les premiers mots on devine qu’il est venu nous raconter une histoire. De même, on déduit assez vite que cette histoire nous parlera de batailles et de fuites, de conquêtes et de chutes…

Un album avec du relief qu’on vous dit !

Le scénario était impeccable, la prise de vue chiadée et le matos sacrément bon… pourtant la réalisation pêche. Peut-être par excès d’ambition, peut-être par manque d’inspiration. Tout laisse croire que l’ensemble de l’album s’est construit à posteriori, voire autour, du morceau Iron, grande réussite inégalée de ce disque.

Pourtant rappelons-le, le mélange est audacieux : un chant aux accents subtilement teintés de blues sur une orchestration pantagruélique, mélangeant formation classique (cuivres, cordes) à une section rythmique contemporaine nourrie de Taiko, ce tambour originaire du Japon médiéval, le pari était beau.

Mais entre chevauchées furieuses grandiloquentes, blues lunaires grandiloquents, Requiem pop grandiloquents, on finit par ne plus en pouvoir du grandiloquent, d’autant qu’il est souvent construit de manière identique, qu’on en voit parfois les ficelles et que les émotions appelées se comptent sur les doigts d’une demi-main. Et puis il y a le Taiko… exotique et mystique au départ, on termine l’album avec une sainte horreur de cet instrument omniprésent.

Évidemment la musique est très visuelle. Les émotions sont montrées, zoomées, appelées avec l’impudeur caractéristique de l’image ; une image foutrement soignée et dense en nombre de messages envoyés. Toutefois l’album se comporte comme si l’image avait précédé le son, comme si la musique avait été dessinée au crayon avant d’être posée sur partition.

C’est le passage d’une image brillante à un son d’habillage que je retiendrai, en ce qui me concerne, de l’écoute de ce disque.

Mais si vous cherchez à en relever les bons points, retenez de The Golden Age quelques jolies pages mélodiques et adroites envolées orchestrales, cette invocation quasi-religieuse des mythologies anciennes, cet appel à une imagerie à la fois ésotérique et guerrière, ancestrale et moderne, une esthétique visuelle à l’approche de la perfection, son obstination à acquérir tous les outils utiles à la construction d’une cathédrale de cristal, son concept farouchement enraciné dans l’univers du cinéma, cette qualité qu’il a de vouloir marier classique et contemporain, et bien sûr sa très grande ambition (trop grande).

 Date de sortie : 18 mars
Label : Green United Music

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